Bafouille
1er janvier...
(Posté sur le forum Ultrafondus)
9:40 , un rugissement de tigresse me fait savoir que mon réveil est en train de sonner.
Lever à pas d'UFO, je me rends à l'évidence. J'ai un sacré casque à boulons. Et le casque à boulons, ce n'est rien, le pire ce sont les forgerons qui tapent dessus. Enfin, je ne veux manquer ce premier rendez-vous sous aucun prétexte. Le réveillon a été très convivial. La bande d'amis réunis était comme je les aime. Dix ans que l'on se connaît depuis notre arrivée à Toulouse un 31 décembre. Nous avons donc ripaillé mais la famille Walt Disney fut relativement épargnée. Sauvé Bambi, sauvés les petits cochons ! Seul Donald a eu moins de chance. Bobby Lapointe a résonné en soirée et j'ai pu reprendre ces airs que j'adore et connais par chour avec Valérie aujourd'hui exilée dans le froid de Boston. 3 :30, l'exercice de grattage des pare-brise n'a pas rompu le charme de la soirée et c'est heureux que nous sommes rentrés au paddock.
9:58 , un thé avalé, moulé dans mon collant noir et le gore-tex jaune Calimero je sors de la maison. L'atmosphère columérine est froide. Les voisins qui m'aperçoivent en sont maintenant sûrs, il me manque une case. Quelques flocons virevoltent dans l'air et se perdent sur un fond de ciel blanc. A cet instant je pense à vous tous amis UFO et à mon père pas en forme du tout et coincé dans son lit.
10:00 , j'arrive au monument au morts devant le cimetière (brrr..) où j'ai rencard avec mon pote Patrick. Mais ce matin, de Patrick point. Tant pis, tant pis pour lui, tant pis pour moi. En tous cas, il m'a bien remis le pied à l'étrier cette semaine. A 10 :05, je repars donc seul, un petit air du Bobby au coin des lèvres.
« Elle a l'oil vif, la fesse fraîche et le sein arrogant,
L'autre sein l'autre oil et l'autre fesse itou également
Mais ça n'est pas monotone et même quand c'est l'automne
Je m'écris en la voyant, Tiens voilà l'printemps ! »
Ca me met du baume au cour et je traverse les rues encore désertes. Première surprise, j'aperçois ça et là des gens qui courent. Des UFOs ? Le parcours emprunté est urbain. J'ai connu beaucoup plus beau et beaucoup plus bucolique pour la sortie du Nouvel An.
10:15 , j'arrive dans le Parc du Cabirol. Des grands chênes centenaires, des montées, des descentes et encore plein de gens qui courent. Moi qui pensais être peinard. Ce sont soit des fondus, soit des bonnes résolutions du nouvel an.
10:17 , ma première rencontre de l'année. Et quelle rencontre ! Une apparition, une synthèse. Dans l'allée principale du parc, un gars marche en chaloupant. En me voyant arriver face à lui, il fait le sémaphore. Manifestement, il veut me parler. En fait, non, il veut me souhaiter bonne année. Celui-là, il a pas du se coucher. En plus, il a chaussé des souliers à bascule ! En m'approchant, je crois rêver. Ses verres de lunettes sont aussi clairs que les vitraux de Notre Dame et cerise sur le gâteau, une immense stalactite pend au bout de son nez. Qu'à cela ne tienne, il renifle un bout coup, s'essuie d'un revers de manche et le tour est joué. « Beubeuleu bonne beueleu meugueuleu année » Je comprends finalement « Bonne année et bonne santé ». Je réponds à sa main tendue et là il rajoute « Et bonne santé, c'est important la santé ». Sympa et cocasse. En repartant, je me retourne et m'aperçois qu'il continue en trottinant. Une vocation est née, la parole UFO est passée. Et Bobby de chanter « Il a du bobo Léon, Il porte un bandeau Léon, Il a du bobo Léon, Oh pauvre Léon. » Celui là s'appelait peut être pas Léon.
10:30 , je quitte le Parc et passe devant le château devenu Clinique. Là où ma chérie faisait ses premiers gestes d'infirmière il y quelques années. Je pense à vous tous, amis connus ou inconnus, tous unis dans ce même mouvement matinal. A quoi pouvez vous bien penser ? Je sens une sorte de chaleur, une vague de bonheur monter. Je suis vraiment heureux de commencer l'année comme ça. Et je me promets de vous rencontrer bientôt, demain. J'ai une petite pensée pour mon Titou de père.
Et Bobby de chanter :
« Le papa du papa du papa de mon papa était un petit piou-piou,
La maman du papa du papa de mon papa, elle, elle était nounou. »
Je décide de rentrer pour assister au réveil de la tigresse, au petit déjeuner de ma princesse. Ce seront donc 45 minutes intenses et belles que j'aurais courues. En rentrant, j'appelle chez mes parents. On se souhaite la bonne année. J'ai ma petite au téléphone qui raconte qu'elle fait un gâteau avec Mammie. Mon père se lève, la tête à l'envers, mangé par la crève. « T'as couru ? J'ai pensé à vous. Allez bonne année. » C'est con, celle là, j'aurais aimé qu'il la fasse.
Bon maintenant, on peut, il est temps. Alors bonne année à tous. Qu'elle vous apporte ce que vous en attendez pour vous et ceux qui vous sont chers. Et puis, comme l'a dit mon pote du matin : « Et bonne santé, c'est important la santé ».
Colomiers, 1er janvier 2004
Vincent
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