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Bafouille

Osez le style libre

Un vieux concept d'actualité.

Nous sommes au milieu des années 70 et tous les deux mois mon père reçoit un petit journal de course à pied, une petite bible en noir et blanc avec un titre orange qui barre le haut de la couverture "SPIRIDON" ; un concentré de passion sur quelques dizaines de pages qui prêche une pratique sans contrainte de la course à style libre. Le premier livre de Serge Cottereau, "la course de fond à style libre", figure également en bonne place dans la bibliothèque. Le petit garçon que je suis fait ses débuts en course et s'amuse de cette expression "style libre". Je n'en comprends pas tout le sens ni même toute la portée car pour moi la course, c'est le jeu de la course. A cette époque, ce sport est extrêmement encadré par la fédération et seuls quelques courageux, les pères de cette pratique en liberté que l'on aime aujourd'hui, osent transgresser les règles, inventant une nouvelle approche de la course et des compétitions : les courses longues à style libre.

Trente ans plus tard après quelques bas et quelques hauts, je cours toujours avec la même passion. Une passion entretenue et depuis peu bonifiée par cette pratique du style libre que j'ai fait mienne. C'est de cela que je vais vous parler ; pas de la course des années 70 mais bien de ce style libre, pratique hors compétition, hors règles, hors contraintes, sans stress, instants de course humaniste et contemplative.

De la randonnée courue.

Ces sorties à style libre sont des sorties 100% plaisir, plutôt longues (de 2h30 à 5 heures maximum pour des coureurs d'expérience), des formes de randonnées courues à une allure confortable dans des lieux qui vous font envie, peu importent ces lieux qui pourront être la campagne, une montagne, une plage, une ville que vous découvrez ou même le bas de chez vous et les quartiers alentour, ... Elles peuvent être faites n'importe quand dans l'année à condition que vous en ayez l'envie.

Elles devront toutefois pouvoir s'intégrer dans votre programme de course car bien que courue à une allure confortable, une telle sortie de par sa longueur ou le relief peut s'avérer fatigante. Cette pratique du style libre est particulièrement gratifiante et peut donc permettre de se réconcilier avec la course après une période de doute ou de difficulté en échappant au stress de la vie quotidienne et d'une pratique sportive codifiée à en devenir contraignante. Elle pourra également vous permettre de découvrir de beaux endroits et bénéficier d'un moment de forme. Le mieux est de vous laisser guider par votre corps, votre esprit et vos aspirations du moment. J'ai coutume de dire que « je cours la vie ». Quelle meilleure façon de courir la vie que ces sorties ? Et puis elles pourront éventuellement remplacer avantageusement une sortie longue. Ainsi, à la place d'une sortie formatée, focalisée sur des allures et à l'affût des bonnes sensations, vous trotterez en toute liberté, au gré du terrain, le corps, l'esprit et la nature fusionnant dans la douceur.

Pour autant cette pratique ne saurait constituer un entraînement à proprement parler. Elle échappe en effet à toute programmation, à tout formatage et ne demande que de la spontanéité. Elle s'inscrit toutefois dans une approche raisonnée sinon programmée de la course. En effet, comme je l'ai dit plus tôt, ce type de pratique peut s'avérer éprouvante et spontanéité ne veut pas dire improvisation dans ce cas précis. De telles sorties à style libre ne peuvent être totalement réussies et vous offrir tout le plaisir que vous pouvez en attendre que si vous êtes suffisamment préparé tant sur le plan physique que mental et de la diététique. Une sortie longue même avec cette approche peut tourner à la galère si elle n'est pas judicieusement placée dans le temps et prise avec tout le sérieux que les efforts que vos débaucherez exigent. Ces sorties seront donc abordées avec beaucoup d'humilité et elles seront démarrées à une allure lente surtout si les jours précédents vous ont vu généreux dans les efforts. Enfin, il faudra respecter les règles de récupération (hydratation, étirements, délai de repos relatifs avant des séances dures) comme après une séance longue classique.

Comme nous venons de le voir, ces sorties ne constituent pas des entraînements structurés à proprement parler toutefois, et j'en ai fait l'expérience lors des 100 bornes de Millau 2004, elles sont largement bénéfiques en vous permettant de capter et d'assimiler une base d'allures confortables qui en compétition vous offre du confort et de la confiance sans pour autant entamer votre enthousiasme ou induire de la lassitude en phase préparatoire.

Afin de bien les aborder, considérez les comme des randonnées courues. Alors oui, certains pourront demander "Pourquoi ne pas randonner en marchant ?".
La réponse se décline en trois points :

  • Parce que nous aimons courir et qu'il est possible en abordant ces sorties avec raison et passion de faire de vraies grandes et belles balades.
  • Parce que justement en courant, la distance ainsi couverte s'avère bien supérieure à une classique randonnée pédestre et ce en un temps de disponibilité nécessaire bien moins important (une randonnée en parcours facile de 35 kilomètres sera marchée dans la journée mais courue en environ 3h30 seulement.).
  • Parce qu'enfin, l'effort plus intense de la course même à allure modérée exacerbe vos sens et votre perception de l'environnement vous offrant alors une palette d'émotions différentes et/ou complémentaires de celle offertes par la marche.

Un effort esthétique.

D'autres points pourront rendre une randonnée courue différente d'une randonnée marchée. Le choix du parcours sera fait en pensant « course ». Des parties sur route en marche qui rebutent offriront par exemple des moments de répits entre des parties difficiles ou permettront de rejoindre au plus vite un endroit incontournable ou superbe. A contrario, des parties très accidentées ou très difficiles seront à éviter, la philosophie de ces sorties étant l'aisance avant tout. Le parcours devra avant tout offrir du calme ou au moins éviter au maximum le stress d'une circulation routière dense ou d'une présence importante de VTTistes pressés par exemple.
Vous privilégierez des sols souples (même si de telles sorties sont possibles sur route -en ville notamment- si toutefois, et c'est très important, vous n'en profitez par pour vous focaliser sur les distances indiquées) offrant des profils variés mais toutefois abordables. Vous ferez en sorte d'évaluer la distance globale de votre sortie. Enfin, vous serez vigilant dans le choix du moment où vous partirez courir. Vous démarrerez de bonne heure en été alors qu'en hiver vous courrez prioritairement en milieu de journée. Si vous le pouvez, n'oubliez pas de penser au soleil et au sens de votre sortie, courir le matin en été face au soleil rasant offrant parfois des jeux de lumière dont il serait regrettable de se priver.

L'idéal pour le choix du parcours sera de rechercher l'esthétisme dans la globalité de votre sortie : beauté du parcours, qualité du geste, maîtrise de vos allures et de vos efforts. Comme l'alpiniste s'engage dans une belle voie pour une escalade exécutée avec dextérité, engagement et respect face à la paroi, vous viserez une « belle exécution » de la sortie en style libre. Votre freestyle à vous.

Prudence, prudence.

Dans tous les cas, même si l'engagement n'est pas comparable avec l'alpinisme, certaines règles élémentaires ne sauraient être négligées. Essayez de repérer votre parcours à l'avance et le cas échéant, emportez une carte suffisamment détaillée avec vous. Prévenez avant de partir de l'itinéraire que vous allez emprunter et veillez si possible à ne pas en changer en cours de route. Veillez surtout à ce que le parcours choisi soit largement dans vos possibilités du moment car encore une fois, ces sorties doivent rester confortables pour tenir dans le cadre de leurs spécificités.

Choisissez de partir avec de quoi vous ravitailler en quantité en emportant soit une ceinture porte-bidon à la capacité suffisante soit un sac à dos muni d'une poche à eau. Emportez assez de nourriture et veillez à repérer les endroits où vous pourrez le compléter (points d'eau, petit commerce ou boulangerie pour acheter de quoi grignoter.). Munissez vous d'une pièce d'identité surtout si vous êtes à l'étranger, d'un peu de monnaie et si possible d'une téléphone portable pour la sécurité. Un sifflet et une couverture de survie complèteront votre équipement de base.

Portez des vêtements clairs qui vous rendent visibles de loin et bien adaptés aux conditions atmosphériques que vous êtes susceptibles de rencontrer. N'hésitez pas en emporter un coupe-vent, une casquette, des gants, une lampe de poche ou un vêtement pour l'obscurité selon la période de l'année.

Sur les parties courues sur route, pensez à vous placer face aux véhicules sur le coté gauche de la voie. Enfin un dernier point qui pourra paraître trivial pour les plus aguerris d'entre vous, choisissez vos chaussures avec soin. Pensez que la sortie pourra être longue et soyez sûr de votre choix entre chaussures de route ou de trail.

Ouvrez vous à ce qui vous entoure, c'est parti.

Vous voilà donc prêt ! Faites le vide dans votre tête, oubliez pour quelques heures vos habituelles contraintes d'entraînement et adoptez d'emblée une allure lente à modérée dans tous les cas confortable à tenir durant un long moment. N'oubliez pas que même si vous avez estimé la distance, vous ignorez le temps qui vous faudra pour la couvrir. N'oubliez pas de vous alimenter en liquide et solide dès le début et très régulièrement et n'hésitez pas à faire des pauses. Des pauses pour marcher et des pauses pour profiter de ce qui s'offre à vos yeux, à vos oreilles, à votre odorat, profiter de ceux que vous croiserez et qui vous rendront votre "bonjour".

C'est alors le moment de regarder ce vallon à la terre ocre qui se détache dans le ciel bleu azur. C'est le temps pour entendre le clocher d'une église dans les lointains, le temps pour deviner dans les brumes au fond de la vallée des villages qui s'éveillent. C'est le temps pour s'arrêter sentir ces fleurs, tremper vos mains dans un torrent, vous tapir pour regarder un faon et sourire du derrière blanc d'un lapin qui sautille. C'est le temps d'une parenthèse à vous, à la vie, un retour à des sensations enfantines, des souvenirs de vacances. C'est le temps de vous sentir coureur se fondant dans le paysage, vous étonnant au bout de quelques heures de la facilité avec laquelle vous progressez sans efforts, le corps et l'esprit en harmonie presque reposés. Vous boirez ce nectar de la vie et vous garderez en vous son goût, autant de sensations et d'allures que le moment venu vous saurez retrouver dans des moments de course plus difficiles.

Vous finirez presque à regrets votre sortie à style libre. Si vous avez emporté un appareil photo avec vous, il sera toujours temps de revivre ces moments, de les raconter et de partager avec ceux que vous aimez ces moments de plaisir qui vous aviez pensé avoir « égoïstement » vécus.

Alors vous êtes peut-être des "Monsieur Jourdain de la course à pied". Celui-ci s'émerveillait de faire de la prose sans le savoir. Je parie que nombres d'entre vous font du style libre depuis bien longtemps... Avec de telles sorties, vous n'aurez pas consommé un parcours, vous aurez joui de ce qu'il vous offre. Un retour indispensable à la course dans sa forme la plus épurée, la plus dépouillée, mouvement simple et pourtant si riche pour joindre deux points.

Enfin si vous êtes débutants et que lisant ce texte vous vous sentez exclus de cette façon de courir, sachez que le plaisir d'une sortie de 3 ou 4 heures pour un coureur de cent bornes vous sera accessible avec un effort moins long et plus conforme à vos possibilités actuelles. Si 10 kilomètres en 1 heure sont pour vous une performance, une sortie à style libre de 15 kilomètres en 2 heures sera tout aussi gratifiante pour vous. Vous aurez qui plus est la merveilleuse satisfaction d'avoir fait un effort jusque là extraordinaire pour vous. Et vous n'aurez qu'une envie, recommencer !

Colomiers, le 31 janvier 2005,
Ecrit à l'automne 2004,
Publié dans une version raccourcie dans Running Attitude n°41 de Janvier 2005

Vincent

 

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